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Une malheureuse méprise !

Une malheureuse méprise ! - Anthony Wenger

Un ami avait eu de la chance, à ce qu’il disait. J’ai pensé qu’il avait eu ce qu’il méritait, une vie paisible, une épouse adorable, des enfants merveilleux. Cet homme a su mener sa vie avec ses convictions et sa simplicité, comme remparts contre la mauvaise fortune. Il a été honnête, travailleur et franc. Je le connais depuis une bonne vingtaine d’années. Nous nous sommes rencontré lors d’un événement que notre entreprise avait organisé. Après de longues heures passées à écouter les comptes-rendus des différents dirigeants, nous nous étions retrouvés à discuter en fumant une cigarette, à l’extérieur de l’hôtel. Un début d’amitié avait vu le jour dans ces moments, et nous avions continué à nous voir, après ce déplacement. Puis, je l’avais invité chez moi avec son épouse et ses enfants ; j’avais découvert la conjointe de mon ami, ce soir-là, et elle devint très vite une grande complice de mon épouse.

Avec lui, j’avais découvert ce qu’ « avoir un ami » voulait dire. Il avait une disponibilité et une efficacité que peu de personnes pouvaient égaler. Je parle au passé, car mon ami a déménagé, et nous ne nous revoyons plus très souvent. Ce fut une grande surprise de le voir passer devant la porte du café où j’étais attablé. Je courus après lui, et je l’ai invité à partager un verre avec moi. Il m’accompagna, silencieux, ne répondant pas à mes questions. J’étais très étonné de le voir là, alors qu’il avait déménagé dans une autre ville, lointaine. Il sortit de son mutisme pour commander une boisson. Il me regarda longuement, ne semblant pas vouloir prendre la parole. J’étais gêné, évidemment.

La dernière fois que nous nous étions vus, il m’avait aiguillé vers d’autres possibilités pour ma planification financiere. Il avait insisté pour me présenter quelques-uns de ses amis, qui étaient reconnus dans certaines branches de la fiscalité. En partant, il m’avait promis de m’envoyer des messages régulièrement, et nous correspondions encore. Comme le silence de mon ami était de plus en plus pesant, je lui demandais des nouvelles de son épouse et de ses enfants. Ses yeux s’agrandirent, et il se mit à rire. J’entendais, pour la première fois, le son de sa voix. Ce n’était pas mon ami que j’avais devant moi, mais un homme qui lui ressemblait vraiment beaucoup. J’étais outré que cet inconnu m’ait laissé penser qu’il était mon ami, ce que je lui dis.

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