• Facebook
  • Twitter
  • Google +

Un merveilleux magret de canard

Un merveilleux magret de canard - Anthony Wenger

Ce sont des amis qui m’ont emmené dans un restaurant qui vient d’ouvrir. J’ai découvert qu’un magret de canard pouvait être accompagné d’une sauce à la framboise, et que des pommes de terre à la vapeur, saupoudrées de cannelle, s’accordaient parfaitement avec ce plat. Ce mélange du sucré et du salé me plaît beaucoup. Je suis un inconditionnel de la sauce aigre-douce ; des brochettes de poulet aux légumes sautés, je ne les aime qu’accompagnés de cette sauce. J’ai aussi un faible pour le porc au caramel, dont les graines de sésame ont le don de me rendre plus heureux que lorsque je mange un tiramisu. C’est ma conjointe qui m’a initié aux plaisirs de la table. Sans elle, j’en serais resté aux viandes saignantes et aux salades vertes. Avec sa patience habituelle, et son enthousiasme débordant pour tout ce qui touche à la cuisine, elle a su me mettre en joie les papilles. 

J’avais été chanceux, car j’avais eu des conseils en matiere de gestion de patrimoine très judicieux. Je me suis donc dépêché d’investir mes capitaux dans des valeurs sûres, et j’ai pu dégager de substantiels revenus supplémentaires. J’en ai profité pour faire le tour des établissements hôteliers de grande renommée avec ma conjointe et quelques amis. C’est à cette occasion que Lucien et Mathilde m’ont proposé de venir avec eux dans Le Relais des Joyeux. L’ambiance feutrée donne à chaque table une intimité réelle. Les tableaux modernes accrochés aux murs apportent une note de couleur et de gaieté. Le nom du lieu se prête parfaitement à l’atmosphère agréable perpétrée par des serveurs et des serveuses, tous plus souriants les uns que les autres.

Au retour de cette sortie, j’avais plus envie de me promener que de digérer tous ces bons mets chez moi. Ma conjointe me suivit dans mes pérégrinations nocturnes. Elle parla de ses derniers soucis avec des peintres qui n’avaient pas compris ses souhaits et qui avaient repeint son bureau en un bleu électrique aveuglant. La fraîcheur de la nuit nous obligea à abréger notre balade. Titou, notre chat, nous accueillit avec un concert de miaulement. Il montrait son désaccord avec notre sortie trop tardive qui l’avait obligé à attendre notre retour. Il avait mangé jusqu’à la dernière croquette de on bol. En le servant, je me suis senti coupable. Il n’avait que cette nourriture sans goût à déguster, jour après jour. J’ai donc ajouté une demi-tranche de saumon fumé à son repas.

À propos de l’auteur :

author