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Un adorable voisin

Un adorable voisin - Anthony Wenger

Mon voisin tondait sa pelouse quand la pluie a commencé à tomber. Il avait presque fini, et il voulait absolument terminer un petit carré d’herbe, je le voyais à son air déterminé. Il n’en eut pas le temps, car une averse dense et soudaine s’abattit sur lui. Résigné, il se réfugia dans sa maison. J’avais vu la scène depuis ma terrasse couverte. J’avais même crié à mon voisin pour lui dire d’être prudent. Il est âgé de presque quatre-vingts ans, soixante-dix-neuf très exactement, mais il souhaite toujours tondre son gazon sans l’aide de personne. Je lui ai déjà proposé mon aide, plusieurs fois, mais il l’a refusée. Je le surveillais par crainte qu’il glisse, ou qu’il ait un malaise, comme cela lui était arrivé déjà trois fois depuis le début de l’année. Sa fille était donc venue habiter chez lui pendant quelques mois. Elle avait été très attentive avec son père.

Je savais qu’elle avait été informée de l’existence d’une entreprise de remplacement toiture Sherbrooke qui cherchait du personnel de bureau qualifié, et elle avait saisi une opportunité qui lui avait été proposée pour y travailler. J’avais promis de rester disponible le plus souvent possible pour aider son père. Je l’avais convié lors du dernier barbecue qui s’était passé chez moi. Patricia, William, Alexis, Marianne furent charmés par ce vieil homme. Celui-ci avait le regard pétillant de malice, et il avait raconté, jusque tard dans la nuit, des plaisanteries toutes plus amusantes les unes que les autres. Mes amis l’avaient tant apprécié, qu’il avait été invité par chacun d’eux. Il était si content de ces rencontres qu’il eut le sourire pendant toute la semaine suivante. Quand la pluie a cessé, ce jour-là, il est revenu vers sa tondeuse, et il a essuyé le siège du conducteur, déterminé à terminer ce qu’il avait commencé.

Courageux, il a démarré le véhicule, et il est passé sur la partie de pelouse qu’il n’avait pas eu le temps de finir avant l’averse. L’herbe se couchait sous les lames, à cause de l’humidité. Il passait et repassait, sans parvenir à couper la pelouse correctement. Je l’ai appelé. Il a tourné la tête vers moi, et il a stoppé le moteur de la machine. Je me suis approché. Je lui ai proposé de venir prendre un café en attendant que le gazon soit sec. Un beau soleil illuminait le ciel et je parvins à lui faire admettre qu’il devait seulement attendre avant de tondre de nouveau. Nous nous sommes installés sur la terrasse, et nous avons discuté du temps qu’il faisait.

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