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Les douceurs du palais

Les douceurs du palais - Anthony Wenger

Alice et Melinda m’avaient invité à partager leur souper, un jeudi soir. Nous nous étions rencontrés dans une boutique de vêtements où je tentais, désespérément, de me trouver une blouse convenable. Je n’aime pas les coupes modernes, avec des pinces et trop près du corps. Alice cherchait une veste de costume pour son conjoint. Il ne s’habille qu’en pantalon en jean, mais il apprécie d’avoir une veste, bien coupée. Comme il ne pouvait pas se déplacer, puisqu’il avait des horaires professionnels décalés à cette période de l’année, son épouse avait la mission de lui prendre ce vêtement. J’ai, à peu de choses près, la même carrure que Martin, elle m’a donc demandé d’essayer l’habit. Il était parfaitement seyant. De mon côté, j’ai réussi à trouver dans les collections de cette année une magnifique chemise, dont la coupe, la couleur et le tissu me convenaient.

J’ai donc pris le même modèle en plusieurs couleurs. Lorsque j’apprécie un habit, je le prends en plusieurs exemplaires, avec des motifs ou des tons différents. J’ai attendu que mon amie règle son achat, et nous sommes sortis de la boutique. Elle devait prendre le repas du soir en compagnie de sa mère, elle me demanda si je souhaitais me joindre à elles. J’avais encore un rendez-vous avec mon conseiller financier Montréal, et j’ai accepté cette gentille proposition, à la seule condition que j’apporte le dessert. Je connais une pâtisserie formidable et leurs gâteaux sont tous excellents et originaux. Le créateur de cet antre des douceurs était un ami. Il avait eu l’idée novatrice de s’inspirer de monuments célèbres, du monde entier, pour créer des pâtisseries. Ma préférée s’appelle Taj Mahal. Je connais assez les deux femmes pour savoir qu’elles préféreraient la Tour Eiffel.

Les arômes de noisette, de pistache et de framboise sont mêlés avec délicatesse dans ce monumental gâteau. Comme les enfants de Julie, la sœur d’Alice, passent tous leurs mercredis soir avec leur grand-mère, je savais que le reste de cette douceur serait appréciée par les trois petits. Ce fut une merveilleuse soirée que j’ai passée en excellente compagnie. Je suis parti vers dix heures et demie. Un taxi m’a ramené à l’immeuble où je vis. En montant dans l’ascenseur, j’ai entendu des pas dans le hall de l’entrée. J’ai donc bloqué la porte et j’ai eu l’extraordinaire surprise de voir Marie. Je croyais qu’elle était partie au Pérou, ce jour-là. Elle m’expliqua les raisons de son faux-départ.

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