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La disparition de mes outils

La disparition de mes outils - Anthony Wenger

Dans un abri de jardin, que je rangeais, j’ai retrouvé des outils que je croyais avoir prêtés. Une serpe, une hache, un coupe-branche et un râteau étaient au fond du cabanon. Ils avaient été recouverts par un parasol gigantesque, qui couvre notre terrasse presque entièrement. Si j’avais su qu’ils étaient là, je n’en aurais pas acheté d’autres, évidemment. Je me sers de cet outillage régulièrement, j’avais donc abandonné mes recherches lorsque j’avais fait le tour des amis auxquels j’aurais pu les prêter. Aucune de mes connaissances n’avait ce que je cherchais, j’ai donc pris le parti de renouveler mon équipement. C’était donc par un hasard total, trois mois après ces achats, que je le retrouvais. Comme j’avais un rendez-vous avec une compagnie de décontamination moisissures rosemère, pour prévoir des travaux dans un immeuble que je possède, j’ai remis où je les avais trouvés les outils.

Si j’avais eu la présence d’esprit de fermer l’abri, si j’avais été plus rapide sur la route, si j’avais remis à plus tard mes courses, je serais rentré à temps pour voir que ma conjointe prêtait le râteau et le coupe-branche à André. Comme elle avait une soirée avec son club de lecture, elle se dépêcha et elle ne pensa pas à me laisser un petit mot pour m’informer de ce prêt. Dès mon retour, je suis allé remettre en ordre la petite annexe, et j’ai constaté l’absence de ce que je venais de retrouver. J’étais perplexe. Je n’avais pas rêvé, la serpe était là pour me le prouver, mais la disparition de l’autre partie de l’outillage m’étonnait. Il n’était pas d’une grande qualité, il ne pouvait pas intéresser un voleur. De plus, avec mon chien, je ne pensais pas qu’une personne mal intentionnée vienne s’aventurer sur ma propriété.

Ma femme n’aime pas jardiner, elle n’avait certainement pas eu à se servir de tout cela dans la journée. J’ai tenté, comme une sorte de détective privé, de reconstituer les événements qui s’étaient déroulés lors de mon absence. J’ai même relevé des traces de pas, vu un morceau de tissu déchiré, constaté que la poussière du local avait été soulevée par au moins deux personnes. J’en étais là de mes conclusions, plus qu’hasardeuses, quand j’ai entendu André m’appeler. Il se tenait dans son jardin, de l’autre côté de la haie qui nous sépare. Il m’a rendu ce qu’il m’avait emprunté, en me remerciant, et il m’a proposé de venir prendre le repas du soir en sa compagnie, ce que j’ai accepté.

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