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Des choses irrécupérables

Des choses irrécupérables - Anthony Wenger

Il y a des gens comme ça, qui n’ont pas de chance. Particulièrement, un de mes amis, qui avait, il n’y a pas si longtemps, créé sa propre compagnie de production audiovisuelle. Après avoir fait de la publicité sur internet, il avait attendu d’avoir tous les fonds nécessaires, ainsi que la possibilité de louer une grande maison en banlieue de Montréal, pour démarrer son entreprise. Tout le rez-de-chaussée, et une grande partie du sous-sol, avaient été aménagés pour recevoir toutes les machines pour les différents blocs de production. En bas, il y avait un studio de son complet.  En haut, plusieurs ordinateurs très performants pour la création 3D, et tous les montages vidéos. Au premier, une petite partie, lui servait d’habitation. Le reste, servait de dépôt, ainsi que de logement pour différents artistes. Une de ces particularités, était la production de clips vidéo. Il avait réussi, avant même de créer cette compagnie, à se faire un nom dans le show-business. Il m’appelait, en pleur, à peine deux semaines de l’ouverture de l’entreprise. Tout était parti en fumée. Quelqu’un avait oublié une cigarette quelque part. Chose formellement interdite. C’était le constat que rendaient les pompiers après l’inspection des lieux après l’incendie. Le pire dans tout cela, était que son assurance ne couvrait pas les dommages en cas d’infraction de la clause. Il y avait eu faute. De plus, le propriétaire de la maison était prioritaire dans cette histoire. Il n’avait plus que ces yeux pour pleurer.

Pour essayer d’aider mon ami, je demandais à une autre amie avocate, s’il y avait une possibilité de pousser les assureurs, à plier devant ce que j’appelle, une double injustice, qui consiste à toujours trouver une faille dans les contrats, pour trouver l’excuse de ne pas remettre les sommes dues, en cas de sinistre. Il fallait pour cela, trouver le, ou la coupable, et faire obliger l’assurance de celui-ci, ou de celle-ci, à entamer la procédure de paiement, d’une partie de l’assurance commerciale. Après enquête, il s’avérait que c’était sa propre conjointe. Elle n’était pas assurée, et ne pouvait déposer la somme demandée. Il laissa tout tomber pour devenir animateur-radio, dans une petite ville reculée, aux États-Unis. Il laissa derrière lui, la ruine brûlée d’une maison qui ne lui appartenait même pas. Quand j’y repense, je me dis que parfois, l’ambition la plus forte, ne tient à presque rien. Ce qui me chagrinait le plus, c’était qu’il avait quitté sa conjointe, laissant deux enfants qui n’avaient rien demandé. Les enfants portent toujours la part la plus lourde d’un malheur, et cela est bien dommage.

À propos de l’auteur :

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